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La légende de Claire Ferchaud

Pendant la grande guerre, le village est devenu célèbre pour abriter Claire Ferchaud, célèbre voyante du couvent des Rinfilières.

Au cours de l’année 1918, ce sont des milliers de croyants qui envahissent le bourg de Loublande. L’apogée intervient le 7 juin avec une procession et une retraite aux flambeaux auxquelles participent 10 000 personnes. Un calvaire à quatre autels fut construit non loin du lieu où vivait Claire Ferchaud, lieu devenu un site de pèlerinage.

Claire Ferchaud (5 mai 1896 - 29 janvier 1972), en religion sœur Claire de Jésus Crucifié, est une mystique dévote du Sacré-Coeur de Jésus qui pendant la Première Guerre mondiale prétendit s'être fait confier une mission par le Christ. Elle a vécu au couvent des Rinfilières à Loublande .

Claire Ferchaud est née à quelques kilomètres de Saint-Laurent-sur-Sèvre, dans la petite bourgade de Loublande, dans le bocage vendéen. Elle a fréquenté l’école du Sacré-Coeur et depuis sa plus tendre enfance, elle déclare être sujette à des apparitions. Le Christ, la Vierge Marie vien-draient à sa rencontre et lui délivreraient des messages.

Fin 1916, pendant la Première Guerre mondiale, elle aurait eu la vision de Jésus lui montrant son cœur « lacéré par les péchés de l’humanité » et traversé par une plaie profonde encore : l’a-théisme. Elle s'en confie au pasteur de Loublande, l'abbé Audebert.

Elle se considère investie d'une mission par le Christ : contacter le président Raymond Poincaré, lui demander de se convertir d'« aller dans le droit chemin qui est la civilisation chrétienne [...] de montrer le bon exemple en combattant la Franc-maçonnerie », de faire apposer l'image du Sacré-Coeur sur le drapeau national et que l'armée française autorise le port de cet emblème sur les uni-formes des soldats. De tout cela dépendra la victoire sur l'ennemi.

Elle visite le président de la République le 16 janvier 1917.
Grâce à l’intervention insistante d'Armand Charles de Baudry d'Asson (père d’Armand Quentin de Baudry d'Asson), député royaliste de Vendée, elle est reçue le 21 mars à l’Élysée où elle vient délivrer son message : « Le sacré-Coeur veut que la France officielle reconnaisse Dieu pour maître », « La France doit montrer que la religion n’y est plus persécutée en acceptant de peindre le Sacré-Coeur sur son drapeau ».
Le Président lui explique qu'il ne peut, à lui seul, « défaire des lois » et que l'on ne peut modifier quoi que ce soit sur le drapeau national. Il semble lui promettre de poser la question à la Chambre des députés mais il n'en fait rien. Claire Ferchaud lui envoie donc un se-cond courrier le 1er mai, qui restera lui aussi sans effet.

Revenue dans ses Mauges natales, Claire Ferchaud organisa la vie d'une communauté de « vierges réparatrices » qui reçut, dans un premier temps, l'appui des autorités religieuses. Mais, le 12 mars 1920, un décret du Saint-Office1 désavouait les dires de Claire Fer-chaud en estimant que les « faits de Loublande » « ne peuvent être approuvés ». Le cardinal Amette regretta de « n'avoir pu découvrir une inspiration surnaturelle » dans les déclarations de Claire Ferchaud. Elle prit le nom de Sœur Claire de Jésus Crucifié.